Mobilier design annees 50

Style et design des années 50

Histoire du design - article 4 / 7

Après la Seconde Guerre Mondiale (et la pause relative qu’elle impose dans l’histoire du design), c’est la folie de la reconstruction, le besoin d’oublier les horreurs et la folie en se réfugiant dans la consommation et le confort d’un foyer qui peu²t enfin devenir moderne. Au cours des années 50, le design fait plus que dessiner des objets, c’est toute la société dont il redéfinit les contours, notamment à l’initiative d’un designer français émigré aux Etats-Unis : Raymond Loewy.

Le Styling : « La laideur se vend mal »…

Le Bauhaus et les mouvements fonctionnalistes et modernistes étaient tellement préoccupés de leurs concepts et de leur volonté de façonner un monde nouveau, fait d’une pureté et d’un minimalisme presque totalitaires (il est amusant de noter que les premiers régimes à avoir adopté massivement les préceptes et l’esthétique du Bauhaus furent l’Allemagne Nazie et la Russie Soviétique…), qu’ils en oubliaient un acteur majeur : l’utilisateur final.

Le designer français Raymond Loewy, lui, ne l’oublie pas, bien au contraire. C’est d’ailleurs avec cette phrase (qui date des années 30, mais c’est réellement dans les années 50 que ce qu’il a initié prendra forme) quelque peu provocatrice qu’il initie tout un mouvement qui modifiera en profondeur notre société : « la laideur se vend mal ».

Table à manger design Compas

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Un look rétro résolument tendance

Une sélection Zendart Design

Le design au service de l’industrie ; la publicité au service du design

Il faut donc une beauté vendable, séduisante, désirable. Mais cette beauté doit évoluer : c’est le changement des canons de beauté qui va déterminer le renouvellement de l’acte d’achat, et donc la pérennité des profits. Chaque mode effaçant la précédente, les ventes sont continuellement relancées.

Mais ces changements ne doivent pas impacter la chaîne de production industrielle, sans quoi les coûts de fabrication explosent à chaque fois, réduisant d’autant les profits. Les évolutions du design doivent donc être superficielles, cosmétiques. C’est l’avènement de l’obsolescence programmée des critères esthétiques d’un design résolument tourné vers la création de profit.

En outre : « il est inutile qu’un objet soit beau si on ignore qu’il l’est » dit encore le visionnaire Raymond Loewy. Aussi, la publicité et le marketing sont là pour rappeler aux consommateurs ce qu’est la beauté du moment. Le principe, pour conserver la maîtrise de la conception et des coûts de production, est de conditionner le désir. La marque et le marketing, sa conséquence logique, prennent une place capitale.

Il en résulte une (ou plutôt des) esthétiques alléchantes, faciles d’accès, lisibles et sensuelles ; la publicité, elle, n’est là que pour dire au consommateur comment il doit comprendre le design de l’objet.

Les lignes sont courbes, les couleurs percutantes, la vitesse et la puissance, symboles de modernité et de progrès, sont très présentes, le style affirmé mais pas trop : pour séduire le plus grand nombre, il faut juste ce qu’il faut de personnalité, mais pas trop…

Pour autant, faut-il réduire Raymond Loewy à un design économique ? Pas nécessairement. Car, au-delà de son talent de visionnaire qui aura façonné la totalité de notre mode de vie, il a indéniablement un coup de crayon efficace :

  • Il redessina la bouteille de Coca-Cola pour en faire la plus célèbre icône de l’histoire du design ;
  • Il fit exploser les ventes de la société Coldspot en redessinant (certes en 1934, mais le dessin est le même, à peu de choses près, que 20 ans plus tard) le réfrigérateur phare de la marque ;
  • Etc.

La diversité du design d’exception

Bien sûr, il ne faut pas résumer le design des années 50 au marketing agressif de Raymond Loewy, car les années 50 voient aussi la naissance de créations d’anthologie de designers modernes et audacieux faisant appel aux dernières technologies, comme Ray et Charles Eames, avec leur fauteuil Eames Lounge Chair notamment.

En France, avec l’Union des Artistes Modernes, le modernisme trouve ses précurseurs : Charlotte Perriand, André Bloc, Pierre Guariche et leurs créations atemporelles aux lignes épurées surprennent, mais séduisent encore.

L’Italie quant à elle voit l’apparition de nombreux designers aux styles variés : certains plus modernistes, comme Marco Zanuso, d’autres plus anticonformistes, comme Piero Fornasetti.

Parallèlement, on assiste à l’émergence d’un design scandinave qui séduira réellement à partir des années 60, alors qu’il sera devenu mature.

Meubles et objets phares

  • La chaise Fourmi de Arne Jacobsen, 1952
  • Le fauteuil Diamond de Harry Bertoia, 1952
  • La lampe Akari 10A de Isamu Noguchi, 1951
  • La chaise Ombre de Charlotte Perriand, 1955
  • Le moulin à café Moulinex, 1959

Repères

  • Les structures monocoques en plastique ou en bois lamellé moulé
  • Le piètement en tube d’acier
  • Le Formica et les stratifiés
  • Les plastiques

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